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Point de presse 9 Avril 2019: Parlons Dysphasie

Point de presse 9 Avril 2019: Parlons Dysphasie

Conférence de presse : les garçons : langage, santé et apprentissages

 

Dans les médias, on parle beaucoup de santé mentale et de décrochage scolaire, particulièrement chez les garçons. Traiter les troubles du langage serait un moyen concret de résoudre plusieurs problématiques affectant particulièrement les jeunes et les adultes.

 

Voici les propositions de Parlons Dysphasie :

 

1- Comité d'experts pour étudier la situation des dysphasiques dans les réseaux de la santé & des services sociaux et de l'éducation.

2- Chaire de recherche sur le TDL (génétique, causes, co-morbidités et traitements).

3- Système de surveillance sur les cas de TDL au Québec (prévalence et évolution de la population dysphasique).

4- Changer la définition de déficience langagière au niveau du Ministère de l'éducation (MEES) pour avoir une définition scientifique & à jour du TDL et reconnaître tous les élèves dysphasiques.

5- Développer des services de réadaptation individualisée, incluant l'orthophonie, en particulier pour les dysphasiques de 8 à 18 ans (qui actuellement, n'ont aucun service).

 

Membres de Parlons Dysphasie: Pascale Durocher, François Gosselin et Josée Pelletier
 

 

Le trouble développemental du langage (TDL) est un trouble génétique qui touche 7,5 % de la population. C'est le trouble neurodéveloppemental le plus fréquent. C'est plus fréquent que le TDAH, 5 fois plus fréquent que l'autisme et 50 fois plus fréquent que la déficience auditive. Il y aurait prèes de 600 000 Québécois dysphasiques, dont 80 000 élèves au primaire et au secondaire.

 

Les personnes dysphasiques ont de la difficulté à parler et/ou comprendre. Leur langue maternelle est comme une langue étrangère pour eux. Tout doit leur être enseigné au niveau du langage (mots, formations des phrases, accords, temps de verbes, etc.), et cela, même à l'oral.

 

Tous les dysphasiques ont des troubles associés (TDAH, troubles moteurs, trouble de traitement auditif, trouble de la déglutition, troubles de sommeil, trouble (moteur) de la parole, anxiété).

 

Les personnes touchées sont intelligentes, persévérantes et veulent communiquer. Les garçons sont plus touchés, dans une proportion de 2-3 garçons pour 1 fille.

 

Données: 80 % des troubles d'apprentissage sont reliés aux troubles du langage oral. Près de 70 % des consultations en pédopsychiatrie sont le fait de jeunes avec un trouble du langage. Les jeunes vivant avec un TDL ont un plus faible taux de diplomation, souffrent plus de problèmes de santé mentale & de santé physique et vivent plus de difficultés socio-économiques.

 

La réadaptation est efficace. Mais pour qu'elle soit efficace, elle doit être spécialisée, intensive (1 fois par 2 semaines ou 1 fois par semaine), et cela, durant plusieurs années.

La réadaptation devrait se poursuivre jusqu'à la fin du secondaire.

 

Les coûts de thérapie ne sont pas excessifs : il en coûte 4000 $ par année par enfant en centre de réadaptation.

Le Royal college of speech and language therapists a calculé qu'un dollar investi en réadaptation orthophonique pour traiter les dysphasiques rapporterait 6,43 $ à long terme pour la société (rapport coût bénéfice), ce qui est très bénéfique pour la société.

 

Il existe peu de troubles de santé pour lesquels les soins de santé cessent à 5 ans. Aucune famille, aucun médecin n'accepterait une telle situation. Alors pourquoi accepte-t-on cette situation dans le cas du trouble développemental du langage (dysphasie) ?

 

Dans le milieu de l'éducation, c'est seulement 10 % des dysphasiques qui sont reconnus. Le MEES a des critères administratifs très restrictifs. Le MEES déclare qu'il y a 9000 handicapés dysphasiques, alors qu'il y aurait en fait près de 80 000 dysphasiques au primaire et secondaire (ie 7,5 % des jeunes entre 5 et 17 ans).

 

En milieu scolaire, la source des difficultés des dysphasiques est le trouble du langage. Il faudrait donc traiter le langage d'abord. Si un enfant a un trouble de la vision ou de l'audition, on le traite, on l'opère, on lui fournit un appareil, pour l'aider a l'école et dans son quotidien : on devrait faire la même chose pour les jeunes avec un trouble développemental du langage.

 

Comme Jean-François Roberge nous avait appuyés lors du dépôt de notre péition en mai 2017, comme François Legault avait promis en 2001 un comité sur les besoins et les services rendus aux dysphasiques, nous espéront maintenant que des actions concrètes seront enfin prises pour donner des services de santé et de réadaptation aux jeunes vivant avec un TDL. Nous sommes prêts à présenter nos propositions au gouvernement et espérons qu'elles seront étudiées.

 

Nous tenons à remercier madame Christine Labrie (Québec Solidaire) de nous avoir reçus à l'Assemblée nationale.

 

En terminant, nous annonçons que le 18 octobre 2019, sera la journée internationale du trouble développemental du langage. Parlons Dysphasie collaborera à cette campagne de sensibilisation.
 

Ensemble, nous ferons avancer cette juste cause. Merci !

Pascale Durocher